Il doit être possible de rendre compte des différents acteurs (journalistes) sélectionnant des données (pour les transformées en "informations" ou "évènements" c'est selon) dans le réel pour y répertorier leur approche politique et donc savoir comment prendre tel ou tel "information".
Les approches des journalistes, leurs sélection des données qu'ils présentent à leur lecteurs n'est pas hasardeuses, c'est leur boulot d'obtenir le maximum de données et d'opérer un tri parmi elles pour nous les présenter dans une version qui leur paraît plus pertinente que les supposées données d'origine.
Je vais prendre un exemple concret avec deux articles différents sur le même sujet : Un court-circuit dans une centrale nucléaire.
Le 1er article est paru dans le journal Le Monde du 6 Août 2006, il est d'Antoine Jacob.
Le second article est paru dans le quotidien allemand TAZ du 3 Août 2006.
Antoine Jacob, tout en rapellant des enjeux politiques, fait le choix d'évincer les informations de Lars-Olov Höglund qu'il disqualifie en reproduisant uniquement les propos de Maria Svensson
.
Avec un tel procédé Antoine Jacob empêche le lecteur de se faire sa propre opinion sur la qualité de l'argumentation de Lars-Olov Höglund [dont son article ne donne même pas le nom!] face à Maria Svensson. C'est un choix politique.
On pourrait évoquer le manque de place et l'incapacité du journaliste à tout dire... mais chacun des articles donne des informations qu'il est possible de retirer et qui donc laisserai de la place à d'autres informations. L'article de Antoine Jacob fait la part belle par exemple à la scène politique tandis que l'article de TAZ fait un lien avec Tchernobyl.
La ou, Antoine Jacob évoque Greenpeace pour représenter l'opposition qui en appelle a de très nombreux contrôle (de la totalité des centrales nucléaires); TAZ évoque plutôt Ole Reistad qui rappelle l'enjeux de l'information et le caractère quasi-irréversible qui à failli intervenir sur la scène mondiale.
Afin que chacun puisse juger de l'argumentation des deux personnages différents que son Lars-Olov Höglund et Maria Svensson, voici que je reproduis leur propos sous formes de dialogues.
Lars-Olov Höglund, a été responsable du département de construction dans l’entreprise Suédoise Wattenfall, il était responsable de la centrale nucléaire de Forsmark et connaît le réacteur
:
« Le hasard a évité qu’une fusion du cœur ne se produise ». « C’est l’évènement le plus dangereux depuis Harrisbourg et Tchernobyl » a-t-il dit mercredi au quotidien suédois Svenska Dagbladet.
[Après 23 minutes, le contrôle du réacteur à pu être repris] «
Sept minutes plus tard, la destruction du réacteur n’aurait pu être empêchée», dit Höglund.
Maria Svensson, chef adjointe du service d'information de la SKI, contactée à Stockholm :
Selon elle, les commentaires de l'expert Lars-Olov Höglund affirmant que l'incident de Forsmark était le plus grave survenu depuis Tchernobyl et qu'on était passé tout près d'un accident majeur sont "grandement exagérés".
Fin de l'argumentation... Assurément Maria Svensson aura besoin de prendre des cours de réthoriques, et nos deux journalistes des leçons sur le journalisme, afin peut-être la prochaine fois de laisser au lecteur sa capacité à faire le choix entre deux argumentations, si encore, elles demeurent présentées avec la même sympathie.
Les articles originaux en questions :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-801277,0.html?xtor=RSS-3228
http://altermonde-levillage.nuxit.net/article.php3?id_article=6514#forum9925